AGIR Infos du 24 juillet 2020

par admin | 24 Juil 2020 | Agir Infos

Paroles de réfugié

Mustafa, Syrien qui, avec sa femme et ses 3 filles, a obtenu le statut de réfugié début 2019, nous parle du dernier « 3D », qui se passe tous les 3e dimanche du mois en Pays d’Aigues :

« Après quelques mois de confinement et d’isolation, vient la journée de notre association Agir, nous nous sommes manqués pour quelques mois durs, Elaine et l’équipe qui ont organisé ces événements, ont choisi le parc de Villelaure pour passer cette journée, qui était un exutoire pour nous, toute la famille d’AGIR.
Je  me permets d’utiliser l’expression “ famille ” parce que je sentais toujours que AGIR est une famille plus qu’une association qui aide les réfugiés.
Cette journée était une journée d’été, la chaleur, le soleil, les ombres denses, aussi  la compagnie… tous ont fait cette journée exceptionnelle.
Bien que beaucoup des membres aient été absents, à  cause du protocole et les consignes qui limitent le nombre de gens réunis, nous  avons pu passer de bons moments, aussi les enfants.
Patrice le président d’Agir était absent, aussi quelques autres, mais nous avons l’espoir de les voir les prochaines fois.
Une nouvelle membre a assisté avec nous, et nous étions contents de la connaître : Souad et son fils ont été accueillis par AGIR.
Souad, comme les autres, avait préparé des gâteaux algériens qui étaient délicieux.
Sur une table était un assortiment de desserts et de gâteaux, c’était difficile pour choisir un ou deux, pour ça, j’ai goûté de tous !

À la fin, nous avons pu passer de bons moments, en cassant  la glace, le confinement et l’isolation, et c’était une opportunité pour la vie normale de rentrer.
En fait, cette tradition mensuelle est devenue très bien pour établir les relations entre tous les membres de la famille AGIR, les bénévoles et les réfugiés, et je souhaite qu’il se développe. »

 

Merci et bravo Mustapha !

Le local sera fermé du 1er au 23 août

Liste d’attente des demandeurs d’asile

Au moment de la parution de ce bulletin, une vingtaine de célibataires (dont une femme), un couple sans enfant, un couple avec un bébé et un couple avec trois enfants sont inscrits sur notre liste d’attente…
Soit plus de trente demandeurs que nous ne pouvons pas accueillir…

On fait quoi ?

Des nouvelles du FLE

Les cours fonctionnent correctement depuis la reprise le 8 juin à raison de 2 séances de 2 heures par semaine. Les consignes sanitaires sont respectées.  Le nombre des apprenants se répartit naturellement à raison d’une dizaine de personnes par cours. Nous n’avons refusé personne.

De jeunes bénévoles se sont proposées pour participer à ces séances : leur aide a été précieuse, elles s’investissent avec cœur et intelligence et leurs interventions sont appréciées des migrants.
Sous réserve, un planning sur ces mêmes créneaux est prévu pour la période du 24 août au 5 septembre.
Et puis, rentrée le 7  septembre avec les horaires habituels (3 cours de 3 heures lundi, mercredi, vendredi) à condition que les conditions sanitaires le permettent…

Le film « Green boys » dans la cour de l’école de Cabrières d’Aigues le 21 Juillet

Organisée par le Collectif, avec la participation du cinéma Cigalon, la séance a réuni environ 70 personnes dans une ambiance très conviviale. À renouveler sans modération !

La Commission Culture toujours sur la brèche !

Ces dernières semaines, les bénévoles de la Commission Culture n’ont pas ménagé leur peine :

  • Atelier à voix haute avec la comédienne Alice Thalamy, à la Méjanes, poursuivi en vidéoconférence pendant le confinement.  Lien pour écouter le résultat.
  • Travail d’écriture pour la journée « Paroles d’exil » à la Méjanes, qui a réuni une quinzaine de participants : 26 textes, écrits par nos demandeurs d’asile, aidés par Karine, Hélène et Yvette, sont à retrouver dans leur intégralité sur le site de la Méjanes et dans un recueil à venir.
  • Théâtre avec la professionnelle américaine Heather Barfield : certaines séances en visioconférence, réunissant une dizaine de participants, avec la ferme intention de reprendre l’atelier à La Mareschale en septembre.
  • Atelier marionnettes, prochaine séance le 29 août.
  • Et puis toujours les pique-niques du mardi au parc Vilers qui ont réuni jusqu’à 40 participants, demandeurs d’asile, réfugiés, bénévoles…

Mille bravos à toute l’équipe qui prouve, encore une fois, que la culture est, pour toutes et tous, même pour ceux qui n’ont rien, une porte ouverte vers un monde plus fraternel.

 

Et puis, vous n’avez pas oublié…


 
Samedi 26 Septembre
 
Dimanche 27 Septembre

Après 14 jours de quarantaine, l’Italie immobilise l’Ocean Viking pour une « période indéterminée »

Les garde-côtes italiens ont immobilisé mercredi 22 juillet l’Ocean Viking.

Le bateau-ambulance sortait tout juste d’une quarantaine de 14 jours, imposée le 7 juillet à la suite du débarquement en Sicile de 180 migrants secourus en mer Méditerranée. Les garde-côtes italiens justifient dans un communiqué cette nouvelle immobilisation par « plusieurs irrégularités techniques et opérationnelles » observées sur le navire.

« On se demande pourquoi la sécurité n’a pas davantage préoccupé les autorités maritimes alors que, au début du mois, l’Ocean Viking a dû attendre 11 jours pour qu’un port sûr lui soit assigné et qu’un état d’urgence a dû être déclaré à bord », a rétorqué Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée.

« Il y a une tendance claire à exercer de manière excessive et abusive un harcèlement administratif continu envers les ONG, dont le seul but est d’empêcher leurs activités de sauvetage qui comblent le vide laissé par les États européens en la matière. Mais stopper l’ambulance n’empêchera pas la blessure de saigner », a-t-il ajouté.

Pétition pour libérer l’Ocean Viking

 

Martine Landry, militante d’Amnesty, ne sera finalement pas rejugée

Le parquet général d’Aix-en-Provence s’est désisté de son appel à l’encontre de la septuagénaire, qui avait aidé deux jeunes migrants à la frontière franco-italienne en 2017.
À 76 ans, Martine Landry, militante d’Amnesty International et de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), devait retrouver le chemin des tribunaux ce mercredi 8 juillet. Elle s’apprêtait à être rejugée pour avoir aidé deux migrants guinéens à entrer en France, une infraction passible de cinq ans de prison et 30.000 euros d’amende au titre du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Mais ce mardi 7 juillet, coup de tonnerre : le parquet général d’Aix-en-Provence a annoncé dans la matinée aux parties qu’il se désistait sans donner de détails supplémentaires. Le procès en appel de Martine Landry n’aura donc pas lieu.

À Paris, un rucher solidaire pour apaiser les souffrances des migrants

D’après un article du Monde, de Jean-Michel Normand.

Depuis 2019, le Rucher solidaire des migrants et exilés, installé au centre de Paris par Médecins du monde (MDM) et la Société centrale d’apiculture (SCA), accueille des réfugiés par groupes d’une demi-douzaine. Le plus souvent sans papiers, ils viennent d’Afrique francophone ou anglophone, faute de pouvoir disposer de traducteurs qui permettraient d’accueillir des Afghans, des Somaliens ou des Tchétchènes.

Représentants de minorités sexuelles ou ethniques, femmes maltraitées ou promises à la prostitution, tous ont fui leur pays. « Il ne s’agit pas de réfugiés économiques, confirme le docteur Rémi Brouard, bénévole à MDM. Enfermés dans des camps, entassés sur des embarcations de fortune pour traverser la Méditerranée, ils sont en danger de mort chez eux. »

Les psychiatres de l’organisation humanitaire les adressent au Rucher solidaire, la plupart du temps dans le cadre du traitement d’un syndrome post-traumatique. Conditions requises : « Ne pas être allergique et ne pas avoir trop peur des abeilles. » Les stagiaires s’engagent à venir une fois par semaine et à être ponctuels.

« L’objectif, c’est qu’ils aillent mieux, qu’ils retrouvent de la fierté et renforcent leurs capacités à faire par eux-mêmes, assure Marie-Laure Legroux, formatrice à la Société centrale d’apiculture. D’ailleurs, tous rêvent de devenir apiculteurs le jour où ils pourront rentrer chez eux. » Telle est l’intention de Fabrice, 30 ans, que son père appelle du Tchad tous les vendredis soir, afin de s’assurer qu’il se rendra bien au Rucher solidaire le lendemain…

Télécharger la totalité de ce passionnant article ici.

Un jeune migrant admis à Sciences Po est bloqué en Grèce !

13 juillet 2020 Par Agence France Presse

Amadou Diallo, guinéen de 20 ans, a été admis sur dossier à Sciences Po et après avoir passé un entretien en visioconférence. Mais l’examen de sa demande d’asile en Grèce a été retardé par l’épidémie de coronavirus.
Ayant fui son pays où il se sentait persécuté, il arrive en octobre 2016 sur l’île grecque de Lesbos. Il parvient ensuite à échapper aux conditions effroyables du camp de Moria à Lesbos en se cachant dans un ferry pour Athènes. Un temps sans abri, Amadou fait la rencontre des membres de l’ONG Home Project, qui lui permettent de se reconstruire.
Grâce à un travail dans un hôtel l’été et au soutien de l’ONG, il intègre le lycée franco-hellénique Eugène Delacroix à Athènes. Son attrait pour les relations internationales le pousse à postuler à Sciences Po où il sera admis. L’avenir du jeune Guinéen est suspendu au jugement de la cour d’appel d’Athènes, réunie le 8 juillet pour statuer sur sa demande d’asile. Son audience a de nouveau été reportée au 30 septembre…
Dernières nouvelles : Amadou Diallo a appris lundi 20 juillet que sa demande d’asile avait été acceptée par la Grèce. Il va pouvoir faire sa rentrée à Sciences-Po Paris !

Accueil en préfecture : un témoignage parmi tant d’autres…

L’autorité administrative de notre pays sait parfois cultiver l’arbitraire et le mépris. Les demandeurs d’asile qui y sont confrontés subissent souvent humiliation et vexation, en rentrant les épaules. Les travailleurs sociaux qui en sont témoin ne peuvent que vivre ces pratiques avec une immense honte, en refusant d’en être complices : « pas en notre nom ».

Par Marilou Meignat, Éducatrice spécialisée en centre d’hébergement d’urgence

14 août 2019, 8h00 du matin. Le doux soleil d’été se lève et Paris se réveille doucement.

Je prends le métro comme tous les matins. Le métro parisien, un beau mélange de couleurs et de cultures réunies dans un même wagon au fil des stations.

Aujourd’hui, j’accompagne une dame et son fils de 3 ans pour chercher le récépissé de protection subsidiaire, dans une antenne de la préfecture. Les traits encore un peu tirés par le sommeil, mon humeur change face au sourire du gamin que je retrouve, l’insouciance se lit sur son visage, contrairement au visage fatigué de sa mère, marqué par les épreuves traversées pour arriver jusqu’ici. Mais on y est, elle va enfin obtenir le récépissé tant attendu depuis des mois…
Nous arrivons devant la préfecture. La queue pour accéder au bâtiment est immense. Certains ont passé la nuit ici, pour être sûrs de pouvoir rentrer. Le long du trottoir, un car de CRS, matraques à la ceinture. Quand cette maman m’interroge sur la présence quotidienne de la police dont elle ne comprend pas le besoin, je reste démunie, partageant son incompréhension.

9h00 : les grilles s’ouvrent.
La fonctionnaire qui indique dans quels rangs doit se présenter chaque personne, porte un gilet pare-balles. Elle crie, malgré le lourd silence qui pèse dans la file. Quand elle trouve que cela ne va pas assez vite, elle redouble d’efforts pour se faire entendre, tel un colonel qui dirige ses troupes. Une heure s’écoule, nous arrivons enfin dans la deuxième file avant de pénétrer à l’intérieur. J’observe les gens qui sont autour de moi. Certains paraissent épuisés, à bout de forces. Je m’imagine alors le parcours de chacun pour en arriver là : les raisons qui leur ont fait quitter leur pays, les pays en guerre, les personnes laissées derrière, les passeurs, la traversée, les réseaux de prostitution… tous les multiples obstacles pour arriver jusqu’ici dans l’espoir d’une vie meilleure. Je suis tirée de mes pensées par les hurlements de la femme au gilet pare-balles qui vocifère de resserrer les rangs.
Une heure de plus et nous entrons dans le sas de sécurité. Ici, nous accueille un gardien de la « paix ». Et je me permets de mettre la paix entre guillemets. Car, il nous aboie dessus. Nous devons enlever nos ceintures, nos vestes et présenter nos sacs. Sous le regard menaçant du gardien, tout le monde se hâte. Nous sentons que si nous ne sommes pas assez rapides, nous risquerions d’être rejetés à l’extérieur. Quand vient notre tour, le gardien regarde le petit que j’accompagne et lui balance : « Tu peux y aller Kirikou », suivi d’un rire bien gras. Mon cœur et ma main se serrent sur ma ceinture. Personne ne bronche. Pas même moi, la langue paralysée devant tant de connerie humaine ou par peur de porter préjudice à la famille que j’accompagne. Leur statut ne leur permet pas d’avoir le pouvoir de broncher.
À l’intérieur, nous avons encore une heure de queue avant d’arriver au pré-accueil, et nous pourrons enfin attendre d’être pris en charge par l’un des trois guichets ouverts sur six. À condition d’avoir tous les documents nécessaires pour les atteindre. C’est le pré-accueil qui en décide, et pour ceux qui ne comprendront pas quels documents sont manquants, ils devront revenir le lendemain et refaire ce parcours interminable pour arriver jusqu’ici. Sans explication, sans traducteur. La salle d’attente qui nous attend ensuite est bondée, mais silencieuse, car le gardien fait des rondes pour faire taire les indisciplinés. Certains s’endorment dans la fatigue de l’attente.
Nous ressortons à 16h00, récépissé en main. La maman que j’accompagne décroche un sourire, par soulagement et espoir de « ne plus jamais avoir à revenir ici ». J’ose espérer, au travers du relativisme que peut nous apporter notre métier, qu’il est possible que certaines personnes aient encore un peu d’humanité en eux pour agir avec bienveillance et humilité envers les gens plutôt que de les traiter comme des animaux ou de vulgaires numéros de dossier. Mais après cette journée, épuisée, je ne peux m’empêcher de penser : « la France… une terre d’accueil ? » 

Témoignage paru dans Lien Social n°1269. Bien d’autres contributions de travailleurs sociaux à retrouver sur www.lien-social.com

Dans le même esprit, le Défenseur des Droits  somme le ministère de l’Intérieur de réagir pour améliorer la situation avec des mesures concrètes.
Lire l’article complet dans Infos Migrants.

Le pape dénonce « l’enfer » des camps de détention pour migrants en Libye

Le pape François a dénoncé mercredi 8 juillet « l’enfer » des camps de détention pour migrants en Libye, dans une homélie à l’occasion du septième anniversaire de sa visite à l’île italienne de Lampedusa, première terre européenne sur le chemin des migrants.
« La guerre oui est mauvaise, nous le savons, mais vous n’imaginez pas l’enfer qui se vit là-bas, dans ces camps de détention », a déclaré le pape argentin qui s’exprimait depuis le Vatican.
Il s’est écarté de son discours officiel, racontant un épisode qui lui était arrivé lors de cette visite à Lampedusa, dans le sud de l’Italie, son premier déplacement hors de Rome en tant que pape.
« Je me souviens de ce jour, il y a sept ans, justement au sud de l’Europe, dans cette île… Certains migrants me racontaient leurs histoires, combien ils avaient souffert pour arriver là. Et il y avait des interprètes », a-t-il raconté.
« L’un d’entre eux racontait des choses terribles dans sa langue, et l’interprète semblait bien traduire ; mais lui parlait beaucoup et la traduction était brève. Bah, ai-je pensé, on voit que cette langue pour s’exprimer a des tournures plus longues », a poursuivi le souverain pontife qui improvise régulièrement quand il parle en public.
« Quand je suis rentré à la maison, l’après-midi, à la réception, il y avait une dame (…) qui était fille d’Éthiopiens. Elle comprenait la langue et avait suivi la rencontre à la télévision. Et elle m’a dit ceci :  » Écoutez, ce que le traducteur éthiopien vous a dit n’est même pas le quart des tortures, des souffrances, qu’ils ont vécues » », a assuré François.
« Ils m’ont donné la version « distillée » a-t-il dit sans préciser qui donnait cette version, concluant : « Et ces gens venaient seulement avec l’espérance et pour traverser la mer ».
Déjà lors de sa visite à Lampedusa le 8 juillet 2013, quelques semaines après son élection, le pape avait dénoncé le traitement subi par les migrants de passage en Libye : « Je pense à la Libye, aux camps de détentions, aux abus et aux violences dont sont victimes les migrants, aux voyages d’espérance, aux sauvetages et aux refoulements », avait-dit dit.
Il avait également dénoncé à Lampedusa la « mondialisation de l’indifférence« .

À Aubervilliers, plus d’un millier de personnes migrantes dorment à la rue

La réouverture des frontières a fait grossir le nombre d’arrivées à Paris. Ils sont afghans ou soudanais pour la majorité, et souhaitent demander l’asile en France.
Le cycle infernal a repris mais il y a de moins en moins de monde pour le voir. À Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un important campement de personnes migrantes s’est reconstitué au fil des dernières semaines, en différents endroits, le long du canal Saint-Denis. Alors qu’il y avait moins de 200 personnes sur place jusqu’au mois de mai, l’association France terre d’asile (FTDA) a décompté plus de 600 tentes et abris ces derniers jours, soit autour de 1 500 personnes selon une estimation haute.

« L’Ofpra [Office français de protection de réfugiés et des apatrides] et l’OFII tournent à 50 % de leur activité et on nous a prévenus que ça ne remonterait pas avant la fin de l’année, prévient Corinne Torre, chef de mission France à MSF. À Paris, les préfectures donnent 200 à 300 rendez-vous par jour, contre 500 à 600 en temps normal. »
« Les gens n’arrivent pas à joindre l’OFII et sont dans l’incertitude, abonde Pierre Jothy de l’association Utopia 56. Il y a beaucoup de primo-arrivants mais il y a aussi des réfugiés ou des demandeurs d’asile qui n’ont plus accès aux conditions matérielles d’accueil. » Il s’agit notamment de demandeurs d’asile qui ont été enregistrés dans un autre pays d’Europe et qui, selon le règlement de Dublin ne peuvent en théorie pas déposer une demande d’asile en France, sauf à attendre un délai de six à dix-huit mois pendant lequel, bien souvent, leur droit à une allocation et à un hébergement est suspendu.Outre les hommes seuls qui vivent le long du canal, les associations constatent l’arrivée d’un nombre croissant de familles. Mardi 21 juillet, Utopia 56 en a décompté trente-six à la rue. Vingt ont passé la nuit en tente. La veille, elles étaient trente-cinq déjà, dont cinquante-quatre enfants de moins de 3 ans et six femmes enceintes.
Dans le 11arrondissement de Paris, également, plus de soixante-dix jeunes originaires d’Afrique de l’Ouest se réclamant mineurs dorment sous tente depuis le 29 juin.
« Chaque jour, il y a trente nouveaux jeunes qui se présentent au DEMIE [dispositif de l’évaluation des mineurs isolés étrangers], rapporte Corinne Torre. Et la majorité sont rejetés.D’après Julia Pascual, pour Le Monde, le 23 juillet 2020

La France condamnée pour manque d’assistance à des demandeurs d’asile

En jugeant, jeudi 2 juillet qu’un « traitement inhumain ou dégradant » avait été infligé à un iranien (ayant fui l’Iran, où sa vie était en danger, arrivé en France en 2014, A.J., journaliste, n’aurait pas dû vivre pendant des mois sous les ponts du canal Saint-Martin, à Paris, s’y faire agresser et voler son sac de couchage, sans pouvoir manger plus d’une fois par jour), ainsi qu’à deux autres candidats à l’asile, un Afghan et un Russe, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a adressé à la France un message clair : elle doit faire davantage pour mériter sa réputation de « terre d’asile ». Cet appel doit être entendu.


La saturation du dispositif d’accueil ne saurait justifier, ont estimé les juges de Strasbourg, que les étrangers qui demandent la protection de la France vivent à la rue, réduits à la mendicité, dans une situation conjuguant l’angoisse de la précarité à celle de l’exil et « témoignant d’un manque de respect pour leur dignité ».
En posant le principe d’une obligation de résultat pour l’État, la CEDH met les autorités devant leurs responsabilités, sous peine de nouvelles condamnations.
Télécharger la suite ici.
D’après un éditorial du Monde du 3 juillet.

L’épopée cauchemardesque de Rohingya abandonnés en mer

D’après un article de Bruno Philip – Le Monde

Secourus par des pêcheurs indonésiens, une centaine de membres de l’ethnie musulmane opprimée de Birmanie a survécu à la faim durant quatre mois d’un terrible voyage. Quinze autres sont morts en route.
Après ces mois d’infernale galère, le groupe de Rohingya a été secouru par des pêcheurs d’Aceh. À leur arrivée sur la terre ferme, ils étaient 15 hommes, 53 femmes, 27 enfants et un bébé à avoir survécu. Cette épopée de cauchemar s’est terminée mercredi 24 juin au large des côtes de  l’Indonésie.

En 2016 puis en 2017, les Rohingya ont dû fuir la terrible violence d’opérations de « nettoyage » lancées à leur encontre par l’armée du Myanmar, nom officiel de la Birmanie. Ils sont désormais plus de 700 000 entassés dans des camps de réfugiés situés près de Cox’s Bazar, au sud du Bangladesh.

Depuis trois ans, des milliers d’entre eux s’efforcent de fuir les camps, espérant pouvoir gagner un pays incarnant pour eux l’Eldorado : la Malaisie, où de nombreux Rohingya sont installés depuis des années.

Leur débarquement en Indonésie ne s’est cependant pas fait sans mal : dans un premier temps, les autorités d’immigration ont menacé de rejeter à la mer les rescapés.

Les choses se sont cependant arrangées après que les réfugiés eurent tous été testés négatif au coronavirus.

Selon un communiqué du ministère indonésien des affaires étrangères, les opérations de secours ont été décidées « sur la base de principes humanitaires » et compte tenu de la « situation de vie ou de mort dans laquelle se trouvaient » les Rohingya.
Mais la fin de l’éternel exode de leur communauté n’est pas pour demain.

La Rédaction d'AGIR

La Rédaction d'AGIR

Pôle Communication

Le Collectif AGIR œuvre chaque jour à Aix-en-Provence pour l'accueil d'urgence, l'intégration et la dignité humaine.

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